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voile, laïcité et ostensibilité à Bormes-les-Mimosas

"Nous n'irons plus à la messe à Bormes. C'est trop ostensible !" par Dominique Hasselmmann


Pâques 2000, les Chirac à Bormes-les-Mimosas

[ Le Télégramme, 24 avril 2000 ]

Le président Jacques Chirac et son épouse Bernadette, en visite privée au Fort de Brégançon (Var), ont assisté , hier, à la messe de Pâques, célébrée à l'église Saint-Trophyme, à Bormes-les-Mimosas, où plusieurs centaines de curieux s'étaient massées. Arrivé vers 11h, M. Chirac s'est frayé un chemin, en serrant de nombreuses mains et en embrassant les enfants tendus par leurs parents, à travers la foule, sous un ciel couvert.

A sa sortie, une heure et demie plus tard, la foule était encore plus dense, les badauds accueillant le chef de l'Etat et son épouse d'une salve d'applaudissements et cherchant à lui serrer la main ou à lui glisser quelques mots de sympathie.

L'église Saint-Trophyme bondée n'a pu accueillir tous les fidèles. L'un d'eux a ironisé sur la "ferveur catholique" suscitée par le président. M. Chirac, qui doit séjourner au Fort de Brégançon, résidence présidentielle, jusqu'à aujourd’hui , était venu le 20 février au Corso fleuri de Bormes et avait également assisté à l'office. (Photo AFP)

Les Chirac à la sortie de la messe à Bormes - Pâques 2000

Pentecôte 2001, Jacques Chirac à Bormes-les-Mimosas

[ Le Télégramme, 4 juin 2001 ]

 

Jacques Chirac et son épouse Bernadette, en visite privée au Fort de Brégançon (Var), ont assisté hier à la messe de Pentecôte célébrée en l’église Saint-Trophyme, à Bormes-les-Mimosas. Le couple présidentiel a été accueilli par un groupe folklorique provençal , jouant du fifre et du tambourin, et a pris un bain de foule devenu habituel . (Photo AFP)

Jacques Chirac à Bormes - Pentecôte 2001

Août 2001, à Bormes-les-Mimosas

[ l'Express, 23 août 2001]

Embarrassé par l'affaire du règlement - en espèces - de ses pérégrinations lointaines, Jacques Chirac se sera, cet été, prudemment replié sur le fort de Brégançon (Var). Trois semaines en tête-à-tête avec son épouse et, en guise d'échappée dominicale, la messe à Bormes-les-Mimosas.

Jacques Chirac à la sortie de la messe, à Bormes-les-Mimosas, le 12 août.
© E. Estrade/AFP


D’un voile à l’autre … Une carmélite autorisée à figurer voilée sur une photo d'identité

[ AFP – 10 mai 2003 ]


"Soeur Adalberta, mère supérieure polonaise de la Congrégation des soeurs carmélites de l'enfant Jésus de Bormes-les-Mimosas (Var), a obtenu de la préfecture du Var une carte de résidence avec une photo d'identité où elle figure voilée" a confirmé jeudi la préfecture du Var.

L'information avait été révélée par le Canard enchaîné [voir l'article ci-dessous]. "Le 21 février 2002, conformément à l'ordonnance de 1945 sur le séjour des étrangers, il a été délivré à l'intéressée une carte de résidente de 10 ans avec la même photo que sur les titres temporaires précédents", a indiqué la préfecture du Var dans un communiqué. La préfecture a précisé que la religieuse, Wiktoria Tanistra pour l'état civil, une Polonaise de 51 ans entrée en France en mai 1992, avait auparavant "bénéficié de cartes de séjour temporaires" avec une photo d'identité où l'intéressée figure "en habit religieux avec une coiffe comme sur son passeport polonais".

Selon le Canard enchaîné, les services de la préfecture du Var, qui souhaitaient faire appliquer la loi, en auraient été empêchés par une intervention de l'épouse du président de la République, Bernadette Chirac, le 1er novembre dernier. Interrogée sur cette éventuelle intervention, la préfecture du Var s'est refusée à tout commentaire, notant simplement qu'en novembre la mère supérieure avait déjà obtenu ses papiers. Cette autorisation contrevient aux obligations de la loi qui exige "des photographies de face, tête nue, récentes et ressemblantes" sur les cartes de résident. Ces obligations avaient été rappelées par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy le 19 avril, lors du rassemblement annuel de l'Union des organisations islamique de France (UOIF) au Bourget (Seine-Saint-Denis), relançant le débat sur le port du foulard islamique. Le ministre avait indiqué qu'il "serait ferme dans l'application de la loi de la République", ajoutant que l'obligation pour toutes les
femmes de présenter une photo d'identité "tête nue" était "respectée par les religieuses catholiques".

L'archevêque de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey, a souligné dans un communiqué qu'il s'agissait "d'une démarche individuelle entreprise par une religieuse catholique polonaise. L'évêché n'a été ni alerté, ni sollicité, ni consulté et n'est en aucun moment intervenu". "L'église respecte les lois de la République dans tous les domaines, en particulier celui des formalités d'obtention d'une carte de résident", ajoute-t-il en reconnaissant "qu'un travail pédagogique restait à faire auprès de tous les ressortissants étrangers et des communautés religieuses accueillies en France".


Bernadette défend le voile contre Sarko

[ le Canard Enchaîné, édition du 7 mai 2003 ]

Bernadette Chirac dédicace son livre à soeur Aldaberta voiléeQui est cette religieuse au bord de l'épectase alors que Bernie oui-oui lui dédicace son pieux ouvrage "Conversations" ?

C'est sœur Adalberta, mère supérieure de la Congrégation des sœurs carmélites de l'Enfant Jésus de Bormes-les-Mimosas (paroisse de Brégançon). Ces religieuses polonaises ne plaisantent ni avec le dogme ni avec la tradition : outre leur robe, elles ne sortent jamais sans un double voile des plus stricts, auquel même un ayatollah ne trouverait rien à redire. Pas un cheveu ne dépasse, et les oreilles, comme la gorge, sont soustraites aux regards impurs. Y compris à ceux des services de police, qui exigent sur les cartes de résident "deux photographies de face, tête nue, de format 3,5 x 4,5 cm récentes et parfaitement ressemblantes".

Or sœur Adalberta ne veut rien entendre. Elle a exigé en octobre dernier de figurer voilée sur ses photos d'identité. Les services de la préfecture persistant dans leurs exigences impies, la nonne a fait appel à l'entremise de sainte Bernadette de l'Elysée. Le 1er novembre 2002, au sortir de la messe de la Toussaint à l'église de Bornes-les-Mimosas, la présidente, alpaguant fermement un représentant de la préfecture, l'a sommé, après lui avoir présenté la religieuse polonaise, d'exaucer sa requête. Quelques jours plus tard : miracle, les fonctionnaires acceptaient pour la protégée de Bernie les photos avec voile. Sœur Adalberta l'a d'ailleurs confessé lundi Canard : "J'ai deux jeunes sœurs qui ont accepté de poser tête nue, mais moi, à cinquante ans, me déshabiller, vous n'y pensez pas ! Je porte l'habit depuis vingt-cinq ans."

"Déshabiller"la tête de sœur Adalberta et de ses semblables, c'est pourtant ce que prêche le laïc Sarko. Et comme il l'a rappelé voilà peu sous les sifflets au congrès de l'UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) à propos du foulard, proscrit sur les cartes d'identité : "Cette obligation est respectée par les religieuses catholiques comme par toutes les femmes vivant en France." Sauf les femmes de président de la République et leurs copines cornettes à piston.

épectase : le mot a fait le bonheur du Canard Enchaîné depuis le décès du cardinal Daniélou le 20 mai 1974 à Paris. Les autorités catholiques, pour éviter d'expliquer que c'était chez une prostituée que le saint homme avait été retrouvé mort d'une crise cardiaque, avaient donné pour explication savante que "c'est dans l'épectase de l'apôtre qu'il est allé à la rencontre du Dieu vivant."


Sur le même sujet, lire une page sur le site de Martin Winckler .

Illustration de Dominique Hasselmann - LDH  Paris