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Les prisons de Toulon

 

dernière mise à jour : le 9 mai 2004

lire ci-dessous :

février 2004 : une inspection du sénateur Robert Bret
le nouveau centre pénitentiaire de La Farlède
contacts à Toulon

Jusqu'au printemps 2004, Toulon comportait un seul établissement pénitentiaire : la Maison d'Arrêt Saint Roch. En juin 2004, ses 350 détenus seront transférés vers le nouveau centre pénitentiaire de La Farlède, à quelques kilomètres de Toulon. La maison d'arrêt de Toulon, insalubre et surpeuplée, pourrait être transformée en centre de semi-liberté. [ N.B. une maison d’arrêt accueille les prévenus (détenus dans l'attente d'un jugement définitif, présumés innocents) et les courtes peines ; ils ont droit de sortir de leur cellule 2h par jour, de faire du sport et un peu de travail ; un centre de détention est réservé aux condamnés.]

 

 

 

L'établissement date de 1927.

La Maison d'Arrêt Saint-Roch

Dans son rapport publié en 2000, la commission sénatoriale l’a considérée comme un établissement vétuste mais “ familial “ (on appréciera l’humour) : “ La cuisine de la maison d’arrêt de Toulon est sordide, les murs sont gorgés d’humidité et s’effritent lentement. Si les couloirs sont bien entretenus et repeints, les cellules sont en piteux état. Leur rénovation est entravée par la surpopulation qui ne permet pas de “ vider “ certaines cellules pour les repeindre. ” Les parloirs (12 au total) sont qualifiés de sordides.

La MA Saint-Roch est surpeuplée : en février 2003, d'après le syndicat UGSP CGT, 360 détenus adultes y étaient hébergés pour 144 places, et 20 détenus mineurs pour 15 places. A la mi-novembre 2003 le nombre de détenus était de 365.

Le Comité européen de prévention de la torture a visité l'établissement en juin 2003. Dans son rapport, rendu public en janvier 2004, il écrit : les détenus dorment sur des matelas posés à même le sol, les cellules sont "délabrées et mal entretenues". Bien sûr, étant donné le ratio surveillants/détenus, il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de prendre des douches, qui doivent être accompagnées. Quant aux parloirs, ils sont écourtés et parfois supprimés. Sans parler de la "pauvreté" des programmes d'ateliers ou de travail qui relèguent l'immense majorité des prisonniers dans l'oisiveté totale. Unanimes, les détenus et les surveillants ont raconté au CPT ce qu'entraînait cette promiscuité forcée : "la tension croissante dans les relations" tant entre détenus et surveillants qu'entre codétenus.

 

Une inspection du sénateur Robert Bret

Vendredi 20 février 2004, Robert Bret, sénateur des Bouches du Rhône, a consacré trois heures à la prison Saint Roch. Pendant cette visite, à l'intiative de l'OIP, le sénateur a eu carte blanche pour se rendre compte de la situation des détenus. A sa sortie, il a déclaré :

"Aujourd'hui, Saint-Roch loge 334 détenus pour 120 cellules de 10 m². Il y a 18 mineurs pour 13 places. Dire que ce traitement inhumain est dégradant n'est pas une formule exagérée. Certains détenus m'ont confié ce matin qu'ils ont vécu l'enfer cet été avec 40° à l'ombre. Je comprends mieux pourquoi la prison est considérée comme une école de la récidive, un facteur aggravant tant au niveau de la santé que du mental. Les détenus prennent trop de somnifères pour oublier le temps qu'ils passent entre quatre murs. Deux d'entre eux que j'ai rencontrés ce matin au quartier disciplinaire n'ont rien à faire dans une prison, leur place est plutôt dans un établissement psychiatrique."

M. Côme Jacqmin, secrétaire général adjoint du Syndicat de la Magistrature, présent devant la MA Saint Roch, devait déclarer : "nous demandons aux juges de résister à la tentation de l'emprisonnement, et aux parlementaires d'assurer un contrôle démocratique externe sur ce lieu d'exclusion."

Maître Martine Attal, du Syndicat des avocats de France, s'est dite "scandalisée par l'augmentation de la population carcérale et constate qu'elle résulte d'une politique pénale de plus en plus répressive".

Vous pouvez lire le compte-rendu de cette inspection.

[Var Matin, 22 février 2004]

Entre surpopulation et indigence

Visiteur de prison à Toulon, Jean-Paul Labouret décrit le quotidien des détenus à Saint-Roch :

" La surpopulation à la maison d'arrêt, ce sont deux à trois personnes dans un espace réduit avec deux lits superposés, une table, des chaises, des toilettes au milieu, parfois un matelas par terre mis le soir, et des sorties deux heures par jour. On ne peut pas s'étonner de la violence de certains actes, voire de viols, dans ces conditions même s'ils ne sont pas courants. C'est aussi au moins 20% des détenus qui devraient être placés dans un établissement psychiatrique spécialisé. Ceux-là ont-ils leur place dans une prison ? Comme dans toutes les prisons de France, on peut dire qu'un quart des détenus sont indigents - avec zéro pour vivre. Nous demandons juste le minimum. Certains n'ont même pas de shampooing, même si une trousse de toilette est distribuée à l'entrée, et encore pas à tout le monde ". Quant à l'état de vétusté, il parle " de la chasse d'eau des toilettes qui ne fonctionne plus dans le parloir des familles ". Et pourtant, " on ne peut pas dire que l' administration ne fasse pas un effort, elle n'a juste pas les moyens ".

[propos recueillis par G. de Saint Vulfran, la Marseillaise, jeudi 29 janvier 2004]

Dignité

Le secrétaire régional CGT Pénitentiaire, Paul Adjedj :

" Ce n'est pas avec la politique du tout le monde en taule que l'on va régler le problème. Et la situation n'est pas prêt de s'arranger. En ce moment, n 'importe qui entre en prison ; pas les parrains de la mafia, mais ce que l'on appelle le menu fretin. On fait du chiffre. Depuis deux ans, de plus en plus de jeunes adultes sont entassés dans des cellules de 9 m2, à deux ou trois, un matelas par terre. Comment peut-on dans ces conditions d'enfermement réconcilier ces jeunes avec la justice ? On oublie que la prison est une privation de la liberté mais pas de la dignité ".
Toujours selon le syndicaliste, ce n'est pas la future prison de La Farlède (qui doit ouvrir ses portes à la fin du premier semestre 2004) qui résoudra le problème de surpopulation: " La politique de toujours plus de places ne mène à rien. C'est une véritable politique volontariste de peines alternatives qu'il faudrait ".

[propos recueillis par G. St V., la Marseillaise, jeudi 29 janvier 2004]

 

Au cours du mois de juin 2004, les détenus et les personnels devraient quitter l'établissement de Toulon pour rejoindre celui de La Farlède. La prison toulonnaise ne devrait pas être définitivement abandonnée. Elle pourrait être transformée en centre de semi liberté pour des détenus en fin de peine. A cet égard, la mise en place de bracelets électroniques pourrait se généraliser dans les mois qui viennent. " Plusieurs projets sont à l'étude ", explique la direction de l'administration pénitentiaire " mais aucune décision n'a été prise pour Toulon ".

[ Var-Matin, le 27 février 2004 ]

Le centre pénitentiaire de La Farlède

Etendu sur 12 hectares de terrain, le nouvel établissement est annoncé comme une « prison à visage humain » qui devrait accueillir 600 détenus.

En forme de carré, ce centre pénitentiaire, implanté sur la commune de La Farlède comprendra un centre de détention (pour les condamnés et les personnes soumises au régime de la semi-liberté) soit 200 places. Deux autres bâtiments accueilleront 380 détenus dans le quartier dit de la maison d'arrêt « ouvert » aux prévenus (détention provisoire) et aux personnes condamnées à de petites peines. Plus éloigné, se trouve le quartier des mineurs dont la capacité est de 20 places. Enfin, ce centre disposera d'un quartier pour l'isolement (et les mesures disciplinaires) d'une capacité de 20 places.

Il est également prévu une maison d'accueil pour les familles de détenus (venant souvent de loin pour les visites). S'agissant du personnel, le centre de La Farlède disposera de 217 agents de surveillance, 22 pour l'administratif, un agent technique, 7 agents d'insertion et 3 responsables de direction.

Les délégués de FO-pénitentiaire ont estimé lors d'une visite que l'ouverture de l'établissement de La Farlède se fera dans les mêmes conditions déplorables qu'ailleurs, l'organigramme des personnels sera calculé dès le départ sur une base de 39 heures, générant automatiquement un manque de personnel, donc une surcharge de travail, des postes non couverts, une insécurité permanente".

[ Var Matin - février et septembre 2003 ]

Les syndicats de surveillants pénitentiaires rappellent que " la fermeture de Toulon ne va pas régler les problèmes pour autant ". " Fermer Toulon, c'est bien, mais ouvrir La Farlède, en sous effectif, cela n'est pas mieux ! " commente Roland Albrecht, représentant FO. " La surpopulation pénale va demeurer car 600 places sont prévues à LaFarlède. D'ici la fin de l'année, il y aura déjà 800 détenus, et 1000 à l'horizon 2005 ! Le nombre de surveillants sera fatalement insuffisant (169) et les surcharges de travail seront inévitables ".

[ Var-Matin, le 27 février 2004 ]

Voici une présentation de ce nouveau centre pénitentiaire faite à l'occasion de son inauguration, le 20avril 2004


Contacts à Toulon

Les Amis de l’Horeb

Créée en 1998, cette association se propose d’accueillir, d’accompagner et de soutenir les familles de détenus de la maison d’arrêt de Saint-Roch à Toulon. La permanence est assurée par des bénévoles qui travaillent en relation avec l’aumônerie de la prison. Les Amis de l’Horeb sont au service de l’homme : ils apportent une aide aux familles qui ont besoin de se raccrocher à quelque chose après le traumatisme de l’incarcération.

Les familles de détenus devant se présenter à Saint-Roch une heure avant chaque parloir pour y déposer leurs pièces d’identité, elles peuvent, dans l’attente de la visite, trouver un peu de réconfort dans le local de l'Horeb. Les enfants peuvent s'y distraire avec les quelques jouets qui sont à leur disposition. Les femmes n’osent pas toujours amener les enfants mais selon le père Noël, l’aumônier, il est important que les petits ne se sentent pas en congé de leur papa et qu’ils gardent un lien avec lui. Les prisonniers, eux, sont satisfaits de savoir leurs proches soutenus.

En discutant avec le père Noël, on sent un peu de colère dans ses remarques : aujourd’hui le moindre dérapage peut vous envoyer en prison, mais aucun effort n’est fait pour faciliter la réinsertion des détenus.

Un visiteur de prison

C'est une personne bénévole qui peut rencontrer régulièrement un détenu et lui apporter un soutien moral. Tout détenu, qu'il bénéficie ou non d'un parloir, peut demander à rencontrer un visiteur ; en faire la demande au service social de la prison.

AUXILIA : enseignement gratuit par correspondance ; en faire la demande au service social.

Quelques adresses à Toulon :

L'ANVP recherche des bénévoles pour la future prison de La Farlède. AUXILIA recherche des professeurs bénévoles pour des cours par correspondance.