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L'écrivain Cesare Battisti sera fixé sur son sort le 30 juin 2004

par Ariane Chemin

daté du 14 mai 2004

L'avocat général a réclamé l'extradition de l'ancien activiste italien.

"Vous êtes Cesare Battisti ?" Il opine de la tête, tandis que ses avocats demandent pour lui une chaise. Ils pressentent, à juste titre, que, ce mercredi 12 mai, devant la chambre de l'instruction de Paris, la bataille d'arguments juridiques entre le parquet général, qui demande l'extradition de l'écrivain, et ses avocats français et italiens, qui la jugent "inique", va être longue. Cesare Battisti s'assied donc devant sa fille et quelques membres de sa nouvelle "famille" élargie : les écrivains Fred Vargas et Dan Franck, le secrétaire national des Verts, Gilles Lemaire, les quelques élus parisiens - Verts, communistes, socialistes - qui l'accompagnent lorsqu'il va pointer au commissariat pour son contrôle judiciaire.

La défense a ménagé un petit effet de surprise. Le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Paris, Me Paul-Albert Iweins, se lève et demande la parole en préambule au président de la chambre, Norbert Gurtner. "Nous avons été émus par un certain nombre de propos contenus dans une note verbale de l'ambassade d'Italie où il est allégué que votre chambre a statué en 1991 sur des motifs erronés, au vu d'éléments fallacieux. Je trouve outrageant qu'une note laisse à penser que tous les avocats sont des escrocs. Les diplomates, d'habitude, contrôlent leurs mots." -"Nous avons compris, M. le bâtonnier", clôt le président.

En quelques réquisitions ramassées, l'avocate générale, Sylvie Petit-Leclair, requiert l'extradition. Elle ne veut surtout pas faire de politique. "Votre juridiction est saisie d'une demande. Elle doit faire abstraction de considérations politiques, quelle que soit l'époque où elles ont été formulées", glisse-t-elle, sans citer la "doctrine Mitterrand" de 1985, qui protégeait les réfugiés italiens. Certes, la même cour d'appel a émis un avis défavorable à l'extradition en 1991. Mais elle estime qu'un fait nouveau est intervenu : la demande ne se fonde ainsi plus sur des mandats d'arrêt mais sur trois condamnations, dont l'une datée de 1993. Elle assure que s'il est extradé, l'écrivain sera protégé. "Il m'apparaît qu'une personne condamnée par contumace en Italie peut obtenir dans le cadre des juridictions de ce pays un recours et une nouvelle audience pour que les faits soient à nouveau jugés s'il démontre qu'il n'a pas pu se défendre correctement ou s'il n'a pas été avisé des étapes de son procès", précise-t-elle. Enfin, elle insiste sur la nouvelle confiance qui se serait installée au sein de l'Union européenne juridique, "consacrée par le mandat d'arrêt européen".

La défense n'est d'accord sur rien. Elle répond ce mardi avec assaut de citations de professeurs émérites. Pour Me Irène Terrel, on juge les "mêmes faits" et il n'est pas question de "confondre faits et titres", comme le fait le parquet. "Il y a des dizaines de personnes dont les titres ont changé. Les demandes d'extradition pourraient être massives !" Pour elle, la demande viole "incontestablement" la règle du non bis in idem, selon laquelle nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits.

Enfin, la défense de M. Battisti assure, arguments à l'appui, que rien, dans la procédure italienne, ne prévoit de rejuger M. Battisti s'il était extradé. "J'ai entendu des mensonges dans la bouche de notre ministre de la justice", lance Me Terrel, qui souligne le paradoxe qu'il y a à protéger, dans la loi Perben II du 9 mars, l'accusé contumax, et à faire confiance à la contumace italienne, alors qu'elle a "toujours fait condamner l'Italie par la Cour européenne des droits de l'homme".

Surtout, Me Terrel ne veut pas mettre la politique entre parenthèses. "Il n'y a aucun fait nouveau, si ce n'est des accords plus ou moins occultes entre deux ministres", avance-t-elle. Elle rappelle les interventions publiques de Dominique Perben, "alors qu'il expliquait, dans l'affaire Juppé, qu'il n'était pas dans son rôle d'intervenir". Elle feint d'hésiter, soupèse son silence : "Déjugez vos collègues pour des raisons politiques, ce serait... je n'ose même pas le dire... Il y a séparation des pouvoirs en France." Et conclut :"Je trouve indigne que l'on vous ai saisis et que l'on vous demande de dire le contraire de ce que vos collègues ont dit en 1991 (...). M. le président, mesdames, les gouvernements passent, l'Histoire jugera".

Avant de lever la séance, le président donne la parole à Cesare Battisti. Sans le dire, sans la regarder, on devine qu'il veut répondre à l'avocate générale et à la petite phrase qu'elle a laissé échapper. "Cesare Battisti n'est pas ici depuis si longtemps, 1991, avait lâché Mme Petit-Leclair. Et si sa famille, ses enfants sont installés ici, je crois avoir lu que le Mexique est aussi son pays de prédilection. Je ne crois pas que la France soit un pays qu'il adore particulièrement et que, s'il devait le quitter, cela ne représenterait pas un trouble insurmontable", avait-elle ajouté. "J'étais au Mexique. Je suis venu ici parce que la France m'accordait un statut de réfugié", dit seulement l'écrivain italien avec ses mains et son petit accent. "C'est pour ça que je suis venu. J'ai profité de l'occasion. Si aujourd'hui on me dit que Battisti, il serait aussi bien ailleurs, je n'ai plus rien à faire...". Il marque un temps. "Ailleurs, pour moi, c'est la prison à vie." Il sera fixé sur son sort le 30 juin.


 

Cesare Battisti est libéré le 3 mars.
Sa demande d'extradition sera examinée le 7 avril.
L'écrivain avait été arrêté le 10 février 2004
L'Italie avait demandé l'extradition de cet ancien activiste d'extrême gauche réfugié à Paris.

Dans une "Lettre ouverte aux Italiens et aux Français", Cesare Battisiti, écrivain, ancien militant de l'extrême gauche italienne, condamné à la prison à vie dans son pays pour assassinats, et qui vit à Paris sous la menace d'une expulsion, sur laquelle il sera fixé le 7 avril prochain, répond à ses détracteurs.

"Lettre ouverte aux Italiens et aux français"
"Pour la onzième fois, je tente encore. Car dix fois déjà, j’ai commencé à rédiger cette lettre pour m’adresser à vous, Italiens, et Français aussi. Mais la tension et l’émotion sont telles, les mots qui m’accusent si violents, et ce qui se déroule est si énorme et stupéfiant qu’un sentiment d’incrédulité et d’impuissance me paralyse : comment ma seule voix d’homme peut-elle affronter tous les cris qui ont déjà déferlé contre moi ? Comment puis-je contrer la rumeur qui m'accable : « criminel odieux », « assassin », « tueur », « … ». Cet homme qui n’est pas moi porte mon nom dans les journaux, partout. Cet homme, je ne le reconnais pas.
Mais comment me faire entendre ? Le conflit social de cette période fut à l’origine d’une procédure d’urgence ponctuée de nombreux procès de nature forcément exceptionnelle. Au regard de cette situation qui avait suscité un engagement collectif, comment est-il possible de dégager des responsabilités et des vérités individuelles ? Que vous dire et que vous donner ? Ma sincérité. Ma vérité. Voilà tout ce que je possède face à cet assaut.
Oui, j’étais bien membre d’un groupe armé, comme le furent des milliers d’autres jeunes à cette époque, et je n’étais « chef » de personne. Ayant perdu confiance dans la justice de mon pays, je me suis évadé pour m'exiler à l'étranger. Je fus ainsi jugé en mon absence, sans aucune possibilité de me défendre, sans avoir jamais pu parler à l’avocat. Dans ces conditions, je fus condamné à la prison à vie sur la parole dictée des « repentis», qui furent acculés à négocier leur peine.
Ma vérité. La « révolution » me saisit par hasard dans une rue en effervescence, venant croiser le « rêve communiste » que j’entendais conter chez moi, à la ferme, depuis ma toute petite enfance. L’engagement politique qui en découla, force m’est de l’assumer. Il fait partie de mon passé, de cet engouement disparu, dépassé par la maturité, sanctionné par l’exil. Il fait aussi partie de l’histoire de mon pays. Cette histoire tragique qui fit des morts et des deuils, ces morts qu’on ne peut ni ne doit oublier, ces victimes qui hantent notre mémoire collective.
Voilà des années à présent que j’écris pour comprendre et faire comprendre, que je vais partout à la rencontre des jeunes gens, leur exposant mon parcours chaotique afin que leur instinct de révolte ne les emporte pas vers des chemins aussi dramatiques que ceux qui furent les miens. Ces courtes années d’errements que je m’efforce de leur éviter, je les ai payées par plusieurs années de prison et plus de vingt ans d’exil.
Averti de la parole d’Etat de la France, ouvrant ses portes aux Italiens, je m’y suis réfugié il y a quatorze ans, et sa justice me déclara non extradable.
Mais aujourd’hui, sans que je comprenne ni pourquoi ni comment, l’extradition me menace à nouveau, et la réclusion à perpétuité. Dans cet inexplicable cauchemar dont toute raison m’échappe, je ne sais et je ne peux vous dire qu’une seule chose : si tel devait être mon destin, alors, en vérité, justice ne serait pas faite."

Cesare Battisti - le 30 mars 2004


 

[LE MONDE, article paru dans l'édition du 12.02.04]

dessin de DHL'écrivain Cesare Battisti a été arrêté, mardi 10 février, à Paris, et placé en détention en vue de son extradition vers l'Italie. Cet ancien activiste d'extrême gauche, âgé de 49 ans, est recherché par la justice italienne, qui l'a condamné à la prison à vie par contumace pour des meurtres et des braquages commis dans les années 1970. L'ex-responsable des Prolétaires armés pour le communisme (PAC) pendant les "années de plomb" a toujours nié une quelconque participation à ces meurtres. Il s'était installé en France, en 1990, après son évasion de la prison romaine de Frosinone et un long exil au Mexique.

Titulaire d'un titre de séjour, il vivait au grand jour, gagnant sa vie comme gardien d'immeuble. Parallèlement, il était devenu auteur de romans policiers. Parmi la dizaine de titres publiés, il avait notamment fait paraître, en 1993, Les Habits d'ombre, aux éditions Gallimard. Son roman, Le Cargo sentimental, avait été publié, en janvier 2003, chez Joëlle Losfeld.

Cesare Battisti avait déjà été interpellé à la demande de l'Italie et placé en détention à son arrivée en France, en 1990. La justice française avait alors refusé de l'extrader et l'avait remis en liberté. En mai 1991, la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris avait donné un avis défavorable à la requête italienne.

Elle avait notamment pris en compte le fait que deux des meurtres pour lesquels l'ancien activiste avait été condamné avaient été commis le même jour, à la même heure, à Venise et Milan. De plus, l'ex-responsable des PAC estimait avoir été jugé dans des conditions contraires aux critères européens d'impartialité et de droits de la défense. Il avait été condamné en son absence, lors d'un procès fleuve basé sur des déclarations de repentis, sans possibilité de nouveau jugement en cas de retour en Italie. "Je reconnais des erreurs, comme toute personne qui agit, avait alors expliqué Cesare Battisti (Le Monde du 12 septembre 2002), tout en dénonçant une parodie de justice. Ils m'ont mis sur le dos toutes les actions des PAC, l'organisation dont j'étais l'un des membres fondateurs."

L'arrestation de l'ancien activiste, mardi 10 février, par les policiers de la division nationale antiterroriste (DNAT) fait suite à une nouvelle demande d'extradition des autorités judiciaires italiennes. Elle s'inscrit dans la logique de remise en cause de la "doctrine Mitterrand", dont bénéficiaient encore récemment les anciens militants de l'extrême gauche italienne installés en France. Jusqu'en 2002, aucun d'entre eux n'avait été extradé, conformément à l'engagement pris par le président François Mitterrand, en 1985, en faveur de ceux ayant rompu avec leur passé.

Le gouvernement avait mis fin à cette "jurisprudence", en acceptant l'extradition, le 25 août 2002, de Paolo Persichetti, ancien membre de l'Union des communistes combattants (UCC) devenu enseignant à l'université Paris-VIII. Malgré la mobilisation d'organisations comme la Ligue des droits de l'homme, le ministre de la justice, Dominique Perben, avait officiellement confirmé l'abandon de la "doctrine Mitterrand", tout en promettant un examen au "cas par cas" des demandes d'extradition italiennes. Celle visant Cesare Battisti devrait faire l'objet d'un recours en justice suspensif de la part de ses avocats, qui vont aussi demander sa remise en liberté.

Frédéric Chambon


Le droit pour Battisti

[Le Monde, daté du 4 mars 2004 - éditorial]

LA COUR d'appel de Paris devait statuer, mercredi 3 mars, sur la demande de remise en liberté de Cesare Battisti. L'écrivain italien, qui a fui son pays en 1980 et est installé en France depuis 1990, est en effet réclamé par la justice italienne, qui l'a condamné, en 1988, à la prison à vie par contumace pour avoir commis ou participé à quatre meurtres et à des braquages en 1978 et 1979, lorsqu'il était l'un des responsables des Prolétaires armés pour le communisme durant les "années de plomb" dans la Péninsule. Arrêté le 10 février à Paris par des policiers de la brigade antiterroriste, il est détenu, depuis, à la prison de la Santé en vue de son extradition.

La cour saura-t-elle s'abstraire des pressions et interpellations qui se sont multipliées depuis trois semaines ? Celles du garde des sceaux italien, Roberto Castelli, membre de la Ligue du Nord (droite populiste), qui a déclaré sans ambages, le 2 mars, que Cesare Battisti " doit payer sa dette". Mais aussi celles des nombreux amis parisiens de l'écrivain qui dénoncent sans relâche le " cadeau" que la France s'apprêterait à faire à une droite italienne assoiffée de "vengeance infinie", selon le mot du romancier Erri De Luca.

Il suffirait, pourtant, que la Cour tranche en droit. Et respecte, en premier lieu, l'autorité de la chose jugée. En 1991, un an après l'installation en France de Cesare Battisti, la même cour d'appel de Paris avait déjà, en effet, statué sur son sort et refusé son extradition. Elle avait notamment souligné que la cour d'assises de Milan, qui l'avait condamné, lui avait sans sourciller imputé deux meurtres, commis le même jour, à la même heure, à Milan et à Venise, en février 1979.

On veut espérer, en second lieu, que la cour respectera l'engagement de la France à l'égard des anciens activistes italiens, pris par François Mitterrand en février 1985. Ceux-ci, avait à l'époque tranché le chef de l'Etat, "ne seront pas extradés", dès lors qu'" ils ont, de façon évidente, rompu avec le terrorisme" et d'autant plus qu'" ils ont été reçus en France, se sont imbriqués dans la société française, y vivent, se sont mariés très souvent".C'est encore plus vrai vingt ans après. Aucun gouvernement n'a, depuis, remis en cause cette jurisprudence. Et Cesare Battisti, détenteur d'une carte de séjour de dix ans, vit en France au vu et au su de tout le monde.

Enfin, l'écrivain italien – qui serait emprisonné à perpétuité s'il était extradé vers l'Italie – a été jugé par contumace, sur la base de déclarations de repentis, sans preuves définitives, pour des faits vieux aujourd'hui d'un quart de siècle, et sans possibilité de recours. Autant de circonstances en contradiction évidente avec la Convention européenne des droits de l'homme et aux règles de procès équitable défendues par la Cour européenne des droits de l'homme.

Cela devrait suffire. Sauf à soumettre Cesare Battisti à un jugement politique que rien ne saurait justifier. Sauf à admettre que l'Europe du droit et des libertés cède le pas à celle des connivences idéologiques.


Sur le site du NouvelObs : QUESTIONS À ...

Patrick Raynal : "Il y a une berlusconisation de la France"

Patrick Raynal est auteur, directeur de la collection "Série Noire" chez Gallimard

Pourquoi avez-vous pris fait et cause pour Cesare Battisti ?

[...] aujourd'hui, il est scandaleux qu'un gouvernement revienne sur sa parole, en l'occurrence celle de François Mitterrand, surtout en matière de droits de l'Homme. Je suis viscéralement contre les mesures de Sarkozy et Perben. Cette parole donnée, qui a le droit de la renier ? Même si on peut ne pas être d'accord avec les idées de Battisti.

Comment expliquez-vous cette attitude des autorités ?

C'est difficile à dire, mais il y a une berlusconisation de la France. Depuis Chirac en 2002 et la main mise sur le pays d'un parti qui fait ce qu'il veut. Quand on parle d'éradication de l'esprit de 1968, on en arrive à celle des hommes qui l'ont incarné. Je suis très choqué. Et c'est la même chose sur tous les autres dossiers. On nous grignote toutes nos libertés, il faut que cela s'arrête. J'ai vu Perben à la télé. C'est honteux la manière dont il a menti en toute impunité concernant la législation italienne qui aurait changé, prétexte à l'extradition de Cesare. En plus c'est faux, je me suis bien renseigné. Ou sur cette histoire de tapage nocturne, prétexte à l'incarcération... On ne débarque pas avec des flics antiterroristes dans ce cas-là ! [...]

 

Martine Billard : "Battisti est livré en pâture à l'opinion publique"

Martine Billard est députée Vert de Paris

Quel sens vouliez-vous donner à votre visite, lundi soir, à la prison de la Santé auprès de Cesare Battisti ?

[...] le procès dont a bénéficié Cesare Battisti était loin d'être sérieux. Je vous rappelle qu'il a notamment été condamné à perpétuité pour deux faits qui s'étaient déroulés simultanément. Or l'Italie n'autorise pas la tenue d'un second procès, lorsque le premier s'est déroulé par contumace. C'est pour cela que notre mobilisation est nécessaire.

Comment expliquez-vous cette arrestation ?

Je crois que deux éléments sont importants. Comme ce gouvernement a peu de choses à mettre en avant concernant sa politique contre le terrorisme, il s'attaque à des victimes toutes désignées pour servir de pâture à l'opinion publique. Par ailleurs il fait un geste envers ceux qui s'opposent à sa politique pour leur dire qu'ils ne s'arrêteront devant rien. Dans les derniers mois, un syndicaliste a été condamné pour l'usage d'un mégaphone, des militants associatifs pour leur action de protestation concernant les convois nucléaires… Nous sommes face à la criminalisation des actions politiques et syndicales. [...]

 

Propos recueillis par Céline Louail (le mardi 17 février 2004)