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Crimes et délits contre les personnes :
hausse de 10 % au premier trimestre 2004

le communiqué officiel du ministère de l'intérieur (à lire jusqu'au bout !)


Dominique Hasselmann

 

Si la répression était efficace, il y a longtemps qu´elle aurait réussi.
Oswald Baudot

[ AFP et Reuters, le 30 avril 2004 ]

Le nombre de crimes et délits commis contre les personnes au cours du premier trimestre de 2004 a augmenté de plus de 10 % par rapport au 1er trimestre 2003, selon les statistiques du ministère de l'intérieur transmises à l'Observatoire national de la délinquance. Cette augmentation représente 82 905 faits de violence contre les personnes constatés, contre 75 317 au cours du 1er trimestre 2003, soit une augmentation de 10,07 %.

Dans le même temps, la délinquance générale a diminué de 2,26 % au premier trimestre 2004 par rapport à la même période de l'année précédente, passant de 973 571 crimes et délits à 947 686, d'un trimestre à l'autre. Dans cet ensemble, le nombre d'homicides a crû de 10,22 %, celui des tentatives d'homicides de 17,37 % et celui des coups et blessures de 7,97 %.

Cela correspond à une tendance de fond, constatée depuis plusieurs années (+ 113 % en dix ans). Les statistiques de 2003 l'avaient déjà montré : face à une baisse de 3,38 % du nombre de faits constatés par rapport à 2002, la part des violences contre les personnes avait, dans le même temps, augmenté de 7,30 %.

"BEAUCOUP A ÉTÉ FAIT" ET "BEAUCOUP RESTE À FAIRE"

Le ministre de l'intérieur, Dominique de Villepin, avait insisté sur ce phénomène le 22 avril, en donnant leur "feuille de route" aux préfets réunis place Beauvau. Reconnaissant à cette occasion que "beaucoup a été fait" en matière de lutte contre l'insécurité, le ministre, qui entend rester sur ce plan dans la continuité de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait néanmoins rappelé que "beaucoup reste à faire."

Il avait cité en particulier l'action à mener contre "la violence au quotidien [car] les atteintes aux personnes n'ont jamais été aussi fortes, encore en augmentation de 10 % pour le 1er trimestre 2004".

Quatre députés UMP, Christian Estrosi, Christian Vanneste, Jean-Paul Garraud et Yves Jego, ont pourtant défendu jeudi les "résultats de la lutte contre l'insécurité", après l'annonce d'une augmentation de plus de 10 % des crimes et délits contre les personnes au premier trimestre 2004.

"La forêt des violences intrafamiliales ne doit pas masquer les résultats de la lutte contre l'insécurité", ont-déclaré les parlementaires dans un communiqué. Selon eux, "les lois sur la sécurité intérieure ont renforcé non seulement les droits des victimes mais également leur accueil dans les commissariats et gendarmeries. Les représentants des forces de l'ordre, ainsi que leur famille, ont vu améliorer leur régime de protection contre les insultes, les menaces ou encore les violences. Les personnels médicaux ont également vu leur protection renforcée".