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Le Tibet, la Chine, la France

 

Le Tibet

A peine installé au pouvoir, Mao Zedong décidait d'asservir le Tibet. Le 7 octobre 1950, l'armée chinoise entreprend la « libération pacifique » du Tibet. Les pauvres tentatives de résistance tibétaine sont balayées ; l'armée chinoise occupe la capitale Lhassa en 1951. Au plan international, mises à part quelques protestations vite oubliées, le monde entier laisse le pays tomber sous la botte chinoise.

Une chape de plomb et de silence recouvre alors le pays. Le ressentiment des Tibétains, alimenté par des destruction des monastères et des massacres de lamas et de moines, se traduisit par le soulèvement du 10 mars 1959 ; des dizaines de milliers de Tibétains descendirent dans les rues de Lhassa pour proclamer leur volonté de liberté et d'indépendance. La Chine parvint rapidement à réprimer le soulèvement mais elle ne réussit pas pour autant à réduire la détermination du peuple tibétain à se libérer de l'oppression chinoise. On estime à plus d'un million le nombre des Tibétains dont la mort est une conséquence directe de l'occupation chinoise.

Le chef spirituel et temporel des Tibétains est le dalaï-lama. Tensin Gyatso est le quatorzième dalaï-lama, dieu-vivant intronisé en 1940. Il s'est enfui en Inde en 1959, lors de la répression, par l'armée chinoise, du soulèvement de Lhassa. Depuis lors, à la tête de son gouvernement en exil dans le nord de l'Inde, il entretient une résistance non violente à l'occupation chinoise. A la suite du prix Nobel de la paix qui lui est attribué en 1989, l'opinion mondiale commence à prendre la mesure du drame tibétain.


 

Visite de Hu Jintao en France : et les droits de l’Homme ?

Communiqué de la FIDH et de la LDH - lundi 26 janvier 2004

Alors que le Président chinois, Hu Jintao, entame aujourd’hui en France une visite d’État de quatre jours, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) appellent les autorités françaises à placer les droits de l’Homme au centre des discussions.

« Hu Jintao préside la République populaire de Chine depuis moins d’un an. Les espoirs que ce changement à la tête de l’État avait fait naître ont été largement déçus », a déclaré Sidiki Kaba, Président de la FIDH.

La répression reste systématique à l’encontre des personnes qui tentent d’établir des partis politiques ou des syndicats indépendants, des cyber-dissidents et des mouvements religieux indépendants (notamment les églises clandestines chrétiennes et le mouvement Falun Gong). Il en est de même des avocats qui défendent des cas politiquement sensibles. Les protestations sociales contre les licenciements massifs et la fermeture des usines d’État sont systématiquement réprimées.

La politique de “rééducation par le travail” permet la détention de milliers de personnes sans aucune forme de procès en raison du caractère administratif - et non pénal - de la procédure. La torture est très largement répandue et toute personne privée de sa liberté est une victime potentielle, en dépit du fait que la Chine a ratifié la Convention des Nations unies contre la torture en 1988.

La peine de mort est appliquée régulièrement : elle sanctionne plus de 68 infractions, parmi lesquelles des actes non violents.

Dans le Xinjiang, la campagne brutale contre la communauté musulmane a été renforcée sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme. Cette campagne s’inscrit dans une stratégie visant à contrôler la population Ouïghour de la région autonome, par la peur et l’intimidation. Dans ce cadre, les violations du droit à un procès équitable sont quotidiennes et les sentences prononcées très lourdes.

Par ailleurs, les droits fondamentaux du peuple tibétain sont toujours gravement violés. Les moines et nonnes bouddhistes comme toute personne promouvant la culture et la religion tibétaines sont arrêtés et emprisonnés.

"Les autorités françaises se doivent de soulever ces questions avec le Chef de l’État chinois. Les personnes qui risquent leur vie, en Chine, pour un plus grand respect des droits de l’Homme et de l’État de droit, n’en attendent pas moins de la France ", a conclu Michel Tubiana, Président de la LDH.


 

Communiqué de l'ambassade de Chine en France :

"La Tour Eiffel s'est habillée de rouge, samedi 24 janvier 2004, pour cinq nuits à l'occasion du Nouvel an chinois et en honneur de la prochaine visite d'Etat du Président chinois HU Jintao en France sous peu."

Dominique Hasselmann - LDH Paris

France, Chine, Tibet et droits de l'homme

France qui veut faire ses affaires avec la Chine.

La monstruosité ne la touche pas : elle est hors sujet, alors que c'est seulement de commerce qu'il s'agit.

Meurtres sur la place machin ? Qu'importe ! Une vieille affaire, sur laquelle il ne faut pas revenir. Et, après tout, ils ont le droit de sortir le sang de leurs ressortissants comme ils le veulent, dans le devoir d'ingérence dans l'âme élémentaire chinoise, réputée comme ses poisons et ses supplices.

Taïwan ? Les Français, même par la parole, l'abandonnent à son triste sort ? Baste ! Il est bien difficile de retrouver ce lieu sur une carte française. Peut-être n'existe-t-il même pas. Et au nom de quoi s'immiscer frauduleusement dans les affaires d'autrui ? La France veut vendre, c'est tout. Le marché chinois est porteur, prometteur, souteneur, mirifique, plein d'avenir et de passé.

Le Tibet donne lieu à des crimes inouïs ? Peuplé de Chinois, de cruauté, vidé de son identité, cruellement dénaturé et persécuté ? C'est vous qui le dites. Êtes-vous spécialiste de ce pays lointain ? Nos experts ont statué, et tout cela n'est que médisance sur un grand pays démocratique. Jamais, jamais, vous l'entendez, la France ne s'associe à aucune médisance.

C'est que nous sommes la France des droits de l'homme de se taire, nous !

d'après "Amoralité honteuse d'une France qui sacrifie le Tibet à son commerce, mais donne des leçons de morale" de Raphaël Cohen


Le rapport 2003 d'Amnesty International (portant sur l'année 2002)

Au Tibet, la liberté d'expression et de religion était toujours soumise à de sévères restrictions, même si sept prisonniers d'opinion ont été libérés avant d'avoir purgé la totalité de leur peine.

Des signes de changement ont été observés dans l'attitude des autorités vis-à-vis des dissidents au Tibet : sept prisonniers d'opinion – dont Ngawang Choephel, Jigme Sangpo et Ngawang Sangdrol – ont ainsi été libérés, et des rencontres ont été organisées entre les autorités chinoises et des représentants du gouvernement tibétain en exil. Toutefois, les libertés d'expression, de religion et d'association restaient soumises à de sévères restrictions. Plusieurs monastères et couvents ont été détruits; les moines et moniales qu'ils abritaient ont été expulsés. En décembre, pour la première fois depuis de nombreuses années, des Tibétains ont été condamnés à mort pour des infractions politiques présumées. Plus de 180 personnes (essentiellement des moines et des moniales bouddhistes) étaient toujours emprisonnées en violation de leurs droits fondamentaux, en même temps que se poursuivaient les arrestations arbitraires et les procès iniques. Des informations ont fait état d'actes de torture et de mauvais traitements infligés aux détenus, et de nombreux prisonniers souffraient de problèmes de santé en raison du caractère déplorable des conditions d'incarcération.

En décembre, le grand maître religieux tibétain Tenzin Deleg Rinpoche a été condamné à mort, avec deux ans de sursis à l'exécution de la peine, pour «incitation au séparatisme» et «déclenchement d'explosions». Son assistant Lobsang Dhondup, déclaré coupable en outre de «détention illégale d'armes et de munitions», a lui aussi été condamné à mort. Selon certaines informations, ces deux hommes avaient été détenus au secret pendant huit mois après leur arrestation en avril. Il y avait fort à craindre que leur procès n'ait été inéquitable et que Tenzin Deleg Rinpoche n'ait fait l'objet d'accusations sans fondement en raison de ses activités religieuses ou associatives.

 

 

Voir également le site de France-Tibet