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L'exposition coloniale internationale -  Paris - 1931

Ouverte le 6 mai 1931,  elle est restée dans les mémoires comme l'apothéose de la colonisation française. Le ministre de Colonies, Paul Reynaud tira les leçons de son succès (34 millions d'entrées) dans son introduction au livre d'or qui fut édité après l'exposition.

Une apothéose

« La colonisation est le plus grand fait de l'Histoire. Est-il vrai que nous célébrions aujourd'hui une apothéose qui soit proche d'une décadence ? Jamais, chez nous, l'élan de la pensée et son jaillissement n'ont été plus puissants qu'aujourd'hui. A cette minute, grâce au poste de Pontoise, inauguré hier, le son de la voix que vous entendez est écouté à Nouméa, à Hanoï, à Dakar, à Fort-de-France. Notre emprise sur le monde se resserre chaque jour. Notre idéal est tellement vivant que ce sont les idées d'Europe qui donnent aujourd'hui la fièvre en Asie. Beaucoup pensaient qu'étendre la puissance française dans le monde, c'était la diluer, l'affaiblir, la rendre moins apte à conjurer un péril toujours menaçant. Mais, aux jours tragiques, les colonies vinrent se pla­cer aux côtés de la Mère patrie et l'union de notre Empire se fit à l'épreuve de la douleur du sang. A côté de nos vieilles colonies, ces bijoux de famille égrenés dans l'Atlantique et dans l'océan Indien, c'est la France africaine, grande comme l'Europe [...]. »

Paul REYNAUD - ministre des Colonies - Discours inaugural de l'Exposition coloniale - 6 mai 1931


La vocation coloniale

« Le Français a la vocation coloniale. Cette vérité était obscurcie. Les échecs passagers du XVlllème siècle avaient fait oublier deux siècles d'entreprise et de réussite. En vain, depuis cent ans, nous avions retrouvé la tradition, remporté des succès magnifiques et ininterrompus: Algérie, Indochine, Tunisie, Madagascar, Afrique occidentale, Congo, Maroc. Malgré tout, le préjugé subsistait: le Français, répétait-on, n'est pas colonial. Il a fallu l'exposition actuelle et son triomphe inouï pour dissiper les nuées. Aujourd'hui la conscience coloniale est en pleine as­cension. Des millions et des millions de Français ont visité les splendeurs de Vincennes. Nos colonies ne sont plus pour eux des noms mal connus, dont on a surchargé leur mémoire d'écoliers. Ils en savent la grandeur, la beauté, les ressources: ils les ont vues vivre sous leurs yeux. Chacun d'eux se sent citoyen de la grande France, celle des cinq parties du monde. 

Cette révélation vient à son heure. Alors que la lutte économique est plus sévère que jamais, les colonies enseignent aux Français le courage et la confiance. Elles n'accueillent point les faibles, il faut avoir l'âme bien trempée pour y prospérer et seulement pour y vivre. L'élite qu'elles exigent et qu'elles forment aura le corps robuste et le coeur sans défaillance: ceux à qui manqueraient ces qualités s'élimineront d'eux-mêmes: la rudesse de la tâche à accomplir fera les soldats ouvriers.  [...]. »

 Paul REYNAUD, ministre des Colonies Le Livre d'or de l'Exposition coloniale internationale de Paris 1931

 

André Breton, Louis Aragon, René Char et d'autres publièrent un texte réclamant l'évacuation des colonies :

 Ne visitez pas l'exposition coloniale ! 

On n'a pas oublié la belle affiche de recrutement de l'armée coloniale. 

N'en déplaise au scandaleux Parti socialiste et à la jésuitique Ligue des droits de l'homme, il serait un peu fort que nous distinguions entre la bonne et la mauvaise façon de coloniser !

(extrait)